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Mosquée Ez-Zitouna
Située au cur de la cité,
la Grande Mosquée appelée Ez-Zitouna (Mosquée
de l'Oliver) est le plus vaste et le plus vénérable
sanctuaire de Tunis. Sa fondation se confond avec la naissance
même da la ville (698).
Elle fut cependant entièrement reconstruite par l'Emir
Aghlabite Ibrahim Ibn Ahmed (856-863). La salle hypostyle
ne compte pas moins de 184 colonnes et chapiteaux antiques,
provenant probablement des ruines de Carthage et harmonieusement
intégrés dans l'ensemble. Depuis, le monument
n'a cessé de subir des améliorations, par touches
successives, apportées par les dynasties qui se sont
succédées.
La coupole du " bahou " (au dessus de l'entrée
de la salle de prière côté cour) est un
bel exemple de l'art Ziride (XI siècle) où la
profusion de niches s'allie parfaitement à la bichromie
de la pierre. La bibliothèque qui occupe un corps de
bâtiment située à l'Est de la salle de
prière à été fondée par
le Sultan Abou Othman en 1450. Au début du XVIème
siècle, la façade Est de l'édifice fut
agrémentée d'une galerie à colonnade.
La contribution des turcs s'est concrétisée
par l'adjonction d'une galerie sur trois côtés
de la cour (1653) et l'élévation d'un nouveau
minaret qui fut remplacé en 1834 par une tour de 44
mètres, au décor inspiré, du minaret
hispano-mauresque de la mosquée de la Kasbah.
Ce sanctuaire autour duquel s'organise la vie de la cité
a été placé au croisement de deux axes
importants (Nord-Sud et Est-Ouest). Les souks l'enserrent
selon une hiérarchie distinguant les corporations nobles
des métiers. Les libraires, les parfumeurs, les marchands
des étoffes et ceux des fruits secs ont eu le privilège
de loger à ses pieds, les autres activités s'organisent
à la périphérie, formant un important
quartier économique animé et aux traditions
centenaires.
A l'origine, la Grande Mosquée était le centre
politico-religieux où se négociaient aussi accords
commerciaux et transactions marchandes. Mais très tôt,
elle perdit son rôle séculier et acquit un caractère
sacré de plus en plus prononcé. Sa renommée
comme centre d'enseignement des sciences juridiques et de
la pensée religieuse lui attira, en plus des étudiants
tunisois, de nombreux étudiants venant de l'intérieur
du pays et de l'étranger (Maghreb et Afrique).
A ces derniers les medersas offraient un logement gratuit.
Relayée, aujourd'hui par l'Université Zeïtounienne
moderne, elle continue à dispenser un enseignement
religieux et à rassembler les fidèles pour les
cinq prières quotidiennes et surtout pour la prière
du Vendredi et celles des grandes fêtes.
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